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Vivre en yourte

Samantha et Antoine

04 septembre 2019

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Vivre en yourte

Nous laissons derrière nous Montréal et son rythme trépidant pour Saint-Paulin. Changement complet de décor, il ne suffit pas de longtemps au Québec pour retrouver les grands espaces verdoyants. Saint-Paulin est un village charmant, mais ce n’est pas pour cela que nous nous y rendons. Il y a dans la région un lac, le lac Castor. Nous avons décidé que notre seconde étape serait placée sous le signe d’un autre mode de vie. L’autonomie et le retour à la vie sauvage.

Chez soi

Antoine et moi avons une passion commune : les maisons. Par maison, j’entends : les lieux de vie. Pour diverses raisons liées à nos trajectoires intimes, nous vouons une grande importance au sentiment d’être chez soi, à l’organisation de l’espace, à l’influence qu’a notre environnement sur notre état d’esprit. Nous avons pensé ce voyage comme une déambulation, mais aussi comme une expérimentation d’autres modes de vie en fonction des circonstances, des occasions, des cultures. Voyager, ce n’est pas forcément s’extraire de tout sentiment d’être chez soi. C’est peut-être recréer à chaque fois, chaque jour, un espace où l’on se sent à sa place, en sécurité.

 

Il y a quelques années, j’ai découvert Chez soi : une odyssée de l’espace domestique de Mona Chollet. Comme tous les essais de Mona Chollet, on ressort de la lecture avec une autre vision du monde imprimée sur ses rétines. Je vous en conseille vivement la lecture : à notre époque, on croise peu souvent une ode aussi riche, sensible et intelligente à nos espaces intimes. Il y a en toile de fond de ce voyage les effluves de cet essai. J’y pense souvent. Et chaque étape de notre périple sera l’occasion de se confronter à d’autres formes d’habitations.

Retour aux sources

À Saint Paulin, durant deux jours, nous posons nos sacs dans une yourte traditionnelle qui fait face à une étendue d’eau immobile. Cet endroit est merveilleux : un calme absolu, brisé de temps à autre par le plongeon d’un canard, la course folle d’un écureuil ou le croassement d’une grenouille.

 

À peine arrivée, ma route croise celle d’une couleuvre du Québec, juste devant notre yourte. Magnifique animal. Elle ne prend pas peur, alors je me pose à côté d’elle, et nous passons une heure immobile côte à côte : l’humain et le reptile.

 

Dans la yourte, pas d’électricité ni d’eau courante. La yourte est l’habitat traditionnel de nombreux nomades vivant dans l’Asie Centrale. On pense immédiatement aux Mongoles, évidemment. C’est une habitation circulaire, comprenant une seule pièce organisée autour d’un poêle. Au plafond, une grande ouverture, comme un dôme, qui fait tomber de la lumière. Ce qui fait son atout, c’est qu’elle est très facilement démontable et transportable.

 

Nous vivons donc ainsi, dans la forêt, en se chauffant à l’aide du poêle, en se lavant avec un bidon d’eau, en s’éclairant de bougies et en cuisinant au feu de camp. Les journées s’écoulent au rythme du lever et du coucher du soleil. Cet endroit est si préservé, si vivant, que nous passons nos journées à observer la nature. Un spectacle merveilleux.

Coïncidences

Sur le retour, nous faisons halte dans à l’éco-café Au bout du monde. Reconnexion au monde : nous voulons poster quelques vidéos et photos… à ma droite, un homme m’observe, puis finit par me reconnaître pour ma chaîne Youtube ! Incroyable coïncidence, que d’être reconnue à l’autre bout du monde, dans un coin salon désert, dans un village du Québec. Il se trouve qu’Eric est lui aussi auteur, et très au fait de l’actualité. Alors nous décidons de lui donner la parole, parce que ce voyage est jalonné d’imprévu et de coïncidences remarquables.

 

 

Ainsi s’achève notre seconde étape. Il est temps de faire les bagages, et de reprendre la route. Notre Parenthèse, c’est 3 pays, 36 étapes et 36 561 km. Nous n’en sommes qu’au début.

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