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Un chalet imprévu

Samantha et Antoine

12 septembre 2019

6 commentaires

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Un chalet imprévu

Nous reprenons la route plus au nord, en direction du fameux Lac Saint-Jean. Cela devient presque une habitude, désormais : on pose les sacs, on installe nos petites vies, puis on remballe tout en vérifiant ne laisser aucune trace de notre passage. Entre deux lieux, il y a de longues routes sinueuses, des paysages époustouflants et quelques bras de fer pour le choix des chansons de la playlist.

 

Dans la plupart des endroits où nous allons, faites une croix sur le moindre réseau : il faut s’adapter pour vérifier que chaque étape se déroulera bien comme prévu. Nous faisons donc halte dans un café sur la route, pour tenter d’avoir un brin de connexion Internet. C’est devenu un rituel bien rôdé, nos sacs sur le dos. Nous ne posons pas de question sur les menus, non, mais « Avez-vous une connexion Wifi ? ».

Imprévu

La prudence n’aura pas été vaine : nous découvrons que notre hôte Airbnb a annulé au dernier moment une location que nous avions réservé il y a 8 mois, et ce sans crier gare. Comprendre : nous ne savons pas où nous allons dormir. Prévoir presque un an à l’avance son itinéraire et ses points de chute n’empêche pas l’imprévu de surgir, non. Il y a un petit moment d’agacement, et puis le défi est relevé : trouver un nouvel endroit où passer la nuit. Antoine est très doué pour dénicher des lieux pas comme les autres. Le voilà qui tombe sur quelques photos d’un chalet cosy et d’une petite rivière féérique. Ni une, ni deux, voilà notre prochaine destination. Nous ne serons finalement pas au bord du magistral Lac Saint Jean, mais peu importe.

Un havre de paix

Nous reprenons la route pour la commune de Roberval, depuis laquelle nous suivons un certain nombre d’indications supposées nous mener à ce petit coin de paradis. Une vraie chasse au trésor, où il faut trouver une maison beige, un petit chemin de gravier et des lamas… Lorsque nous arrivons, nous sommes saisis par la beauté de ce petit chalet construit à flanc de rivière. L’atmosphère est sereine, enveloppante. Ce jeune couple a décidé de mettre en location cette habitation pas loin de la leur. Certaines personnes ont un don inné pour l’hospitalité : Serge fait partie de ces personnes-là. En quelques minutes, il nous fait faire le tour de notre nouveau chez-nous pour deux nuits. Tout est pensé et agencé avec goût et intelligence : l’escalier escamotable qui descend et monte selon un système de poulie, le tableau où sont inscrits nos noms et un mot de bienvenue, les ustensiles de cuisine suspendus, les épices insérées à même le mur… C’est son épouse qui a réalisé les illustrations d’animaux accrochées au-dessus de nos têtes. Elle travaille au Zoo de Saint-Félicien, et a en parallèle une grande passion pour la décoration. Cela se sent.

L'art de l'hospitalité

Le soir, nous dînons au bord de la rivière qui chante, plongés dans l’obscurité et nos pensées. Nous allumons un grand feu de camp pour se réchauffer, parce que les nuits commencent à devenir froide. Nous ne pensions pas dormir ici ce soir, ce n’était pas le plan, mais quelle chance d’être tombés ici ! C’est marquant, ces lieux qui anticipent les moindres besoins des personnes qui vont y loger. Un épluche légumes, un zeste de curry pour faire un dahl, une glacière pour les boissons… ce sont de minuscules détails, en apparence sans importance, mais qui font toute la différence. C’est un très beau don que le don de l’hospitalité. Cette générosité, cette bienveillance, cette attention, qui fait que l’on se sent accueilli quelque part. Après un peu de rangement et de vaisselle, nous tombons dans le lit perché sur la mezzanine. 12h de sommeil d’affilée. La forêt nous a happés.

Le charme

Le lendemain matin, une surprise nous attend devant notre porte : un joli baluchon formé par un torchon. Première levée, je l’ouvre et découvre… une miche de pain bien chaude ! Oui, Serge nous a fait du pain pour le petit déjeuner. L’odeur attire très vite Antoine, et nous engloutissons des tartines délicieusement tièdes. Pas de doute, ce couple a la palme de l’hospitalité. On sent que c’est une attention véritable, le besoin que les personnes logeant ici se sentent bien. C’est réussi.

Après ce copieux petit-déjeuner, nous décidons de passer la journée au Zoo de Saint Félicien. J’avais déjà eu l’occasion d’y aller il y a 5 ans, lors d’un autre voyage dans la région, mais Antoine avait très envie de découvrir le lieu. Je ne regrette pas d’y être retournée : c’est un bonheur à chaque fois, de pouvoir observer des animaux sauvages. Ce zoo ce distingue des zoos traditionnels par sa capacité à recréer des environnements les plus similaires possibles aux conditions naturelles des animaux. C’est immense : 485 hectares. Rien à voir avec la Ménagerie du Jardin des Plantes…

Dans les Sentiers de la nature, ce ne sont pas les animaux qui sont en cage, mais nous ! Ours noirs, orignaux, chiens de prairie, grizzlis, bisons, bœufs musqués, caribous des bois… tous sont en liberté dans un gigantesque espace, que nous pouvons parcourir à travers un petit train sécurisé. Cette inversion nous plaît beaucoup : les animaux ont un immense domaine, peuvent se cacher s’ils le souhaitent dans la forêt pour être tranquilles, ou nous regardent passer avec une certaine indifférence. Les vedettes sont deux femelles ours blancs, qui viennent d’avoir chacune un petit bébé ours polaire ! À savoir : les ours blancs étant des animaux solitaires dans la nature, chacune dispose d’un espace avec son petit. Nous avons pu les observer interagir, jouer, se baigner… « Apprendre, c’est connaître, connaître c’est aimer, aimer c’est protéger », nous dit une voix off dans un haut-parleur. Les différents soigneurs nous expliquent les effets du réchauffement climatique sur les populations des régions boréales… et l’on se sent tellement impuissants, nous, à notre échelle, avec ces gestes individuels que l’on apprend pour faire mieux, mais qui semblent une telle goutte d’eau dans l’océan des décisions radicales qu’il faudrait prendre mondialement.

6 commentaires

  • Tessa dit :

    C’est toujours un plaisir de lire vos aventures – et petits imprévus – magnifiquement illustrées. J’ai bien envie de venir pour découvrir tout ça de mes propres yeux, haha! Merci de nous faire voyager un peu avec vous et de toujours faire ressortir un apprentissage de la vie 💙

  • Alison dit :

    Quelle phrase magnifique pour conclure cet article ! Impuissant est le mot exact qui résume mon ressenti face à la situation de notre planète, notre maison 🙁
    Merci pour cette belle parenthèse que vous nous offrez au travers de ces articles !

  • Séverine FILLIARD dit :

    J’adore vos récits! C’est tellement juste et bien écrit! Je prends beaucoup de plaisir à lire vos aventures à mes parents, et mon père est plus que d’accord avec ce que vous dites sur le fait d’être chez soi. Merci pour ce partage.

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