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Retour à la vie urbaine

Samantha et Antoine

17 septembre 2019

5 commentaires

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Retour en ville

C’est le retour à la vie urbaine ! Prochaine destination : Québec, l’une des plus anciennes ville d’Amérique du nord. Nos sacs sur le dos, nous atteignons notre nouveau point de chute. Durant cette étape, nous avons décidé de vivre chez l’habitant. Roger est muet, mais nous nous comprenons très rapidement. Il habite dans une maison unique en son genre, dont il nous raconte l’histoire. Construite en bois, elle fait partie des bâtiments anciens de la capitale qui ont été menacé de démolition. Pour la préserver, il a fallu engager de lourds travaux. Il est certain que les pièces contrastent avec tous les bâtiments que nous avons pu croiser depuis notre arrivée au Canada. Nous retrouvons des planchers qui craquent sous nos pas, des poignées de porte biscornues et des murs mal isolés. Le charme envoûtant des maisons qui ont vu passer les siècles !

Quêtes personnelles

L’omniprésence des fenêtres fait tomber une douce lumière dans un couloir qui fait communiquer les pièces. Roger nous fait faire le tour du propriétaire. Son paradis à lui, c’est une terrasse avec un potager cultivé avec amour. Aux murs du salon sont suspendus de sublimes portraits encadrés. Toute la famille est présente. Les carreaux des fenêtres que nous admirons ont vu grandir les filles et fils, neveux et nièces, servant de marqueur comme d’autres tracent des traits sur les murs. Antoine et Roger trouvent rapidement un sujet de discussion : la photographie. Au fil des échanges, notre hôte nous révèle sa petite quête personnelle : réussir à photographier le plus de collectionneurs possibles. Oui, Roger traque les collections d’objets les plus insolites et les personnes qui dédient leurs vies à les assembler. Il y a le monsieur qui pose devant des centaines de moto, la jeune femme qui sourit au milieu de quatre-cent poupées de cire, le vieillard qui trône fièrement dans un champs de gramophones. En fait, Roger collectionne les collectionneurs. Quand je lui dis cela, il rit. Il y a chez lui la bonhomie et la bienveillance des grands-parents contents d’avoir du passage à la maison. Sur le frigo, sur une table, près d’une commode, s’accumulent des cadeaux et des mots de reconnaissance laissés par ceux et celles qui ont logé chez lui.

Connexion

Grâce à ses précieux conseils, nous nous rendons dans le Vieux Québec pour découvrir la ville. Dès la nuit tombée, les ruelles se parent d’une féérie toute particulière ! Il est difficile de retranscrire avec précision l’atmosphère de cette ville. À la fois, le centre historique aux boutiques éclairées donne une impression presque médiévale, avec ses pierres apparentes, ses devantures et ses pavés. D’un autre côté, la ville est tellement propre, géométrique, qu’on en ressent presque une forme d’artificialité. Vous savez, comme dans les parcs d’attraction. Sans doute l’un des aspects de son attractivité touristique ! Quoiqu’il en soit, nous sommes rapidement conquis par la magie des lieux. Québec sera l’occasion de longues promenades au bord du Saint-Laurent. La maison de Roger, quant à elle, est un lieu parfait pour écrire. Peut-être est-ce l’odeur si familière du parquet ciré, ou l’œil attentif de notre hôte, mais nous nous y sentons dans les conditions parfaites pour rédiger des articles et retoucher des photos.

 

Le retour à la ville, c’est aussi le retour à la connexion, et donc au contact avec la famille, les amis, le travail, l’engagement. Que s’est-il passé en notre absence ? Beaucoup de choses et rien à la fois, bien sûr. Nous sommes heureux de trouver des photos de nos chats, qui sont très choyés. Pincement au cœur. Il y a un horizon lointain qui se dessine, un horizon de retour – penser à Noël, à des dates futures, même si cela paraît encore très abstrait. Pour le moment, nous sommes là, bien ancrés dans notre parenthèse. Mais me voilà rapidement dans un dilemme : nouveau scandale dans la communauté des auteurs, ma boîte de messages privés est pleine de demandes. « Tu nous manques » m’écrit une autrice. C’est que oui, bien entendu, nous nous manquons vite, entre personnalités investies. D’un autre côté, la prise de conscience a fait son chemin, tous les bénévoles font un travail remarquable, et c’est bien de voir que tout suit son cours dans l’absence comme dans la présence. Il y a des épaules solides. Chaque chose est à sa place.

À sa place

C’est l’heure à présent de faire de nouveau nos bagages. Nous offrons à Roger un plant de persil pour son potager, signe de notre reconnaissance pour ce séjour si agréable. L’étape de Québec s’achève. Nous voici à la toute fin de notre périple au Canada. Retour à Montréal pour un passage éclair, afin de prendre un bus pour Boston. La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et l’UNEQ m’ont proposé de rencontrer Julien Castanié, le président d’Illustration Québec. Ni une, ni deux, Antoine et moi savons ce que nous allons faire de cet après-midi de transition : une nouvelle vidéo pour ma chaîne Youtube, afin de diffuser le plus largement possible des informations sur cette association ! Julien nous accueille dans son appartement. J’adore les appartements d’illustrateurs : on peut toujours compter sur de somptueux croquis qui accrochent l’œil. Immédiatement, le courant passe, et nous échangeons sur nos métiers, l’engagement bénévole, la question de l’énergie. C’est difficile à expliquer, mais rencontrer d’autres auteurs et échanger sur nos préoccupations et nos espoirs me ressource. C’est que l’on souffre si vite de la solitude, dans nos métiers, que l’on a aussi besoin de ces moments-là. Julien me dit plusieurs fois « Merci pour ce que tu fais, merci de prendre le temps sur tes vacances. » Je suis heureuse de me rendre utile à ma façon, là où je suis, sur mon temps libre.

Des repères

Cette dernière nuit au Canada, nous la passerons de nouveau dans l’appartement de Dominique, une autrice dont je vous ai parlé dans un article précédent – il y a chez elle et son époux un côté adorables parents qui les rend follement attachants. On s’y est vite habitué, à ce condo. Il faut dire que nous y avons été tellement bien accueillis ! Cet endroit me ressource d’une manière inexplicable, très certainement parce qu’il représente quelque chose. Cela fait du bien, pendant un voyage, de trouver un repère même fugace, à travers des personnes ou un endroit. Un condo au Canada est le diminutif de condominium. Cela désigne un appartement qui a été acheté dans un immeuble moderne, mais dont les parties communes sont gérées par tous les co-propriétaires qui s’en servent pour des usages communs. Par exemple, dans ce condo, il y au dernier étage un espace de travail commun, semblable à une immense salle de co-working. J’ai trouvé ce mode de vie assez fascinant. C’est aux antipodes avec les expériences en plein cœur de la nature, de retrait, puisqu’il est question ici de sociabilité. J’aurais adoré commencer ma vie de jeune adulte dans ce genre de petit appartement, en sachant qu’étaient mis à disposition dans l’immeuble des parties communes aussi vivantes, qui sont en fait des lieux de rencontre et de sociabilité. Une sorte d’auberge de jeunesse version moderne, urbaine et avec davantage d’espace intime.

Lorsque nous rendons les clefs de ce condo, nous savons que la boucle est bouclée : nous disons au revoir au Canada. Un bus pour Boston nous attend, sept heures de route en perspective, si les contrôles à la frontière se déroulent bien ! Une fois installés dans les sièges, Antoine et moi nous récapitulons chaque moment des semaines écoulées, chaque endroit vu, chaque expérience, comme pour les garder encore un peu plus longtemps vivants contre nous. Nous savons qu’en dessinant nos propres constellations, nous écrivons d’indélébiles souvenirs pour plus tard.

5 commentaires

  • Emily dit :

    Que c’est beau ! La façon dont votre voyage est raconté, par le texte et les images c’est magnifique. Je me délecte de vos rencontres, presque comme si j’y étais. Il y a une véritable douceur et bienveillance dans chacune de vos découverte, de vos rencontres. A mon tour j’ai hâte de m’envoler.
    Et puis on remarque que le temps passe. Vite. Trop vite. Quand j’ai lu cet article, je me suis dit: ils partent déjà du Canada! Mais ils viennent à peine d’arriver. Et puis on regarde la date du premier article, et là le choc. Oui le temps défile insaisissable.
    Profitez bien de votre second pays. Ce n’est pas celui qui m’attire aux premiers abords, mais peut être qu’avec vos découvertes je changerais d’avis.

  • Louise dit :

    J’ai été à Québec et c’est tout simplement WHAOU
    ❤️

  • Louise dit :

    Totale coïncidence !!
    Cet été j’ai fait MONTRÉAL RIMOUSKI QUÉBEC BLSTON NEW YORK CHUTES DU NIAGARA
    et il y a 4 ans en plus tadoussac 😊🥳

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